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Programme

Aux citoyennes et citoyens de Montréal,

Depuis plus de 10 ans, notre commission scolaire est dirigée par des commissaires scolaires de l’équipe du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO). Ces commissaires ont profondément réorienté ce bien collectif qu’est la Commission scolaire de Montréal : ils ont travaillé sur les plans pédagogique, organisationnel et financier à rendre encore plus performant, encore plus vivant le réseau des écoles publiques montréalaises. Pour s’en convaincre, il suffira de lire le document « Bilan» sur ce site.

Nous cherchons à poursuivre notre action pour faire de notre commission scolaire et de ses écoles des entités qui correspondent encore davantage aux attentes des Montréalais. Plus précisément, il faut continuer à réduire le taux de décrochage scolaire, à augmenter les taux de réussite, à faire en sorte que les écoles soient saines, à valoriser l’innovation pédagogique, à mettre fin à l’intimidation et à accentuer la présence de l’école dans nos quartiers. Nourris de notre expérience, nous vous soumettons cette synthèse d’actions et d’idées que nous nous engageons à mettre en œuvre au cours du prochain mandat.

Le MÉMO, c’est un rassemblement de Montréalais, de parents, de citoyens engagés qui ont du cœur à l’ouvrage et l’envie de préserver l’un des joyaux du Québec : son réseau d’écoles publiques.

Catherine Harel Bourdon

Présidente du MÉMO et candidate à la présidence de la CSDM

1. L’éducation : bien collectif des Québécois!

En Haïti, un slogan annonçait : « L’éducation, c’est l’a, b, c de la libération. » L’ex-recteur de l’université Harvard a déjà dit : « Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance! » L’éducation doit être reconnue − il faut le répéter souvent – comme un des biens les plus précieux de la société. Déjà, nous avons demandé que l’État québécois revoie le financement public de l’école privée. Nous favorisons toujours, quand cela est possible et quand les ressources sont au rendez-vous, l’intégration des enfants handicapés ou en difficulté d’adaptation dans les classes ordinaires. Comme nous l’avons réitéré récemment, nous refusons de couper dans des services aussi importants que l’aide aux devoirs, l’aide alimentaire et le sport. Nous avons posé des gestes efficaces visant la réussite : formulation du Plan réussir, création d’un service de liaison avec les adolescents qui ont décroché, orientations qui ont fait augmenter les résultats des élèves en français et qui ont réduit le taux de décrochage scolaire. Nous avons aussi permis le démarrage de programmes permettant la rétention des enfants qui réussissent bien dans les murs de nos écoles. Pour l’avenir, nous comptons :
  1. Poursuivre et étendre l’expérience du Plan réussir : chaque école aura à se fixer des objectifs de réussite non seulement en français, mais également en mathématique et en science;
  2. Tisser des liens plus étroits entre l’école secondaire et les jeunes qui ont abandonné leurs études avant l’obtention d’un des diplômes délivrés au secondaire;
  3. Bonifier l’offre en formation professionnelle afin qu’elle colle aux nouvelles réalités montréalaises (ex : construction d’une nouvelle école d’horticulture au Jardin botanique qui pourrait offrir des cours d’agriculture urbaine, d’émondage...);
  4. Revoir la façon d’offrir le cours secondaire afin de développer des modèles de scolarisation encore plus aptes à répondre aux besoins spécifiques de nos adolescents (heure de début des classes, modèles inspirés des écoles intermédiaires américaines, façons novatrices d’encadrer les élèves...);
  5. Nous assurer que les jeunes qui sortent de nos écoles secondaires aient un solide bagage littéraire puisé dans les œuvres phares de la littérature française et québécoise;
  6. Continuer de développer des partenariats riches avec le milieu communautaire et avec la Ville, partenariats qui permettent d’enrichir le parcours scolaire de nos jeunes et de tisser autour d’eux un filet social essentiel à leur bien-être et à leur réussite;
  7. Réfléchir, en collaboration avec les enseignants et les conseillers pédagogiques de la CSDM, à la façon de donner des devoirs et des leçons afin de coller à la réalité des familles du 21e siècle et en prenant en considération ce que la recherche nous apprend sur le rôle des devoirs et des leçons dans le processus d’apprentissage de nos jeunes;
  8. Veiller à ce que tous les jeunes de toutes les écoles primaires et secondaires aient accès à un contenu culturel et scientifique riche : représentations théâtrales, sorties dans les musées et au Centre des sciences... Pour y parvenir, nous continuerons de développer des liens privilégiés avec les grandes institutions culturelles et scientifiques montréalaises et à réclamer du gouvernement du Québec qu’il mette en place des mesures d’accès privilégié à ces institutions pour les élèves montréalais;
  9. Adopter dès cet automne une Politique des services de garde selon laquelle chaque service de garde devra se doter d’une plateforme éducative qui s’harmonise avec le projet éducatif de l’école.

2. Bâtir le patrimoine scolaire du 21e siècle!

Les écoles montréalaises sont les plus vieilles au Québec. Remarquables sur le plan architectural, elles ne sont cependant pas toujours adaptées au monde d’aujourd’hui où l’informatique est omniprésente et où les enfants sont en leurs murs non plus de 8 h 30 à 15 h, mais souvent de 7 h à 18 h. Les enfants montréalais sont en droit de recevoir une scolarisation dans des écoles saines, aérées, lumineuses, spacieuses et conviviales… Déjà, quand nous avons eu à reconstruire des écoles, nous avons posé des gestes qui permettent d’offrir aux Montréalais un patrimoine du 21e siècle. C’est le cas des écoles Père-Marquette, Victor-Doré, Joseph-Charbonneau, Notre-Dame-de-Grâce et Barclay qui ont bénéficié d’agrandissements de qualité; c’est aussi le cas de l’École des métiers de la restauration et du tourisme de Montréal qui s’est mérité le Prix de la mise en valeur du patrimoine 2013. Ce sera aussi le cas à Saint-Gérard et à Baril dont les plans de reconstruction permettent à la fois de conserver des éléments patrimoniaux et d’offrir des espaces appropriés et polyvalents aux enfants. Par ailleurs, nous devons aussi favoriser la contribution des parents à la conception des nouveaux espaces comme nous l’avons fait récemment. Pour l’avenir, nous comptons :
  1. Mettre en valeur notre patrimoine bâti tout en offrant aux Montréalais des agrandissements et des constructions adaptés aux besoins du 21e siècle;
  2. Favoriser l’implication des parents et des équipes-écoles dans la conception des agrandissements et des nouvelles constructions;
  3. Continuer de réclamer les fonds nécessaires à l’agrandissement et à la rénovation de notre parc immobilier, dans un contexte de forte croissance de la population étudiante;
  4. Revoir les ententes-cadres qui régissent les liens entre la Ville et la CSDM afin que, de part et d’autre, nous sortions gagnants quand de nouvelles infrastructures se développent dans nos quartiers (ex : le futur gymnase de Saint-Jean-de-Matha et l’auditorium de l’école Joseph-François-Perrault, deux projets qui sont pour nous prioritaires);
  5. Participer à l’effort collectif qui vise à verdir la ville, à contrer les îlots de chaleur et à offrir des environnements plus sains à nos élèves en favorisant la construction de bâtiments « LEED », la rénovation de toits blancs ou verts, en encourageant la pratique de l’agriculture urbaine et le verdissement maximal des bâtiments et des cours d’école.

3. L’école publique montréalaise : royaume de l’innovation pédagogique!

L’école, on l’oublie trop souvent, est un lieu de création tant culturelle que scientifique. Ainsi, à l’école, on peut créer des robots qui jouent au basketball. On peut, avec des bâtons de popsicle, créer des ponts qui peuvent soutenir l’équivalent de deux autos. On peut écrire un livre que d’autres reprendront en pièce de théâtre. On peut créer des comédies ou réinterpréter une œuvre ancienne. La CSDM peut compter sur l’imagination et sur la passion d’enseignants et d’éducateurs en service de garde dévoués! C’est la principale richesse sur laquelle nous devons tabler pour bonifier ce qui se fait dans nos écoles! Cette innovation, elle se produit au quotidien, dans les salles de classe des jeunes et des adolescents, mais aussi au sein des programmes d’alphabétisation et de francisation, dans nos centres d’éducation des adultes et dans nos centres de formation professionnelle. Pour soutenir le développement de pratiques novatrices, nous voulons :
  1. Être à l’écoute des projets et des besoins des enseignantes et des enseignants, et travailler à leur offrir les moyens de leurs ambitions;
  2. Être attentifs aux attentes des familles montréalaises qui souhaitent aussi être parties prenantes à l’aventure éducative, notamment au moment de l’ouverture de nouvelles écoles;
  3. Poursuivre le travail entamé au comité de révision de l’offre de services afin de bonifier de manière substantielle ce qui s’offre dans nos écoles secondaires;
  4. Continuer à développer le réseau des écoles alternatives et favoriser, là comme ailleurs, de nouvelles formes d’apprentissage (ex : apprendre à l’extérieur de la salle de classe; apprendre au contact de la nature; apprendre en continu, du primaire au secondaire…).
  5. Intégrer dans plus d’écoles la programmation informatique à l’offre de services parascolaires, et développer des formations professionnelles dans le domaine des nouvelles technologies et du multimédia;
  6. Veiller à mieux intégrer la formation professionnelle, la formation générale des jeunes et la formation des adultes pour que des parcours variés et des passerelles nombreuses puissent être offerts à nos jeunes (ex : au cégep, on peut faire un double DEC; pourquoi pas un équivalent au secondaire?).

4. Le remède à l’intimidation : le plaisir de vivre ensemble !

Les enfants, les adolescents et les adultes qui fréquentent nos écoles doivent se sentir à l’aise; ils doivent y vivre des moments de bonheur. Ce doit être aussi le cas des parents et du personnel de l’école. Il ne suffit pas d’empêcher des comportements inappropriés : il faut surtout créer un milieu de vie agréable et sain. Par ailleurs, on doit aussi se préoccuper de la cyberintimidation qui se vit surtout à la maison, mais dont les répercussions se font inévitablement sentir en classe et dans la cour d’école. Après consultation des milieux, nous avons adopté une politique sur l’éducation à la démocratie et une politique sur l’éthique, le civisme et le cybercivisme. Il s’agit de favoriser une ambiance, des processus et des comportements respectueux de tous ceux qui vivent à l’école. Dans la mise en œuvre de ces politiques, chacun doit se sentir interpellé, notamment les adultes qui font l’école : il leur revient d’être sensibles aux gestes inappropriés, d’intervenir face à ceux qui posent ces gestes et de tenir des propos qui fassent œuvre d’éducation. Nous sommes, est-il besoin de le rappeler, une institution d’éducation. Nous comptons, pour en arriver à créer des milieux de vie harmonieux :
  1. Assurer une mise en œuvre efficace de notre politique sur la démocratie et de notre politique sur l’éthique, le civisme et le cybercivisme, et ce, dès l’automne 2014;
  2. Lancer une campagne d’information auprès de tous les parents sur la cyberintimidation;
  3. Favoriser la pleine participation des parents à la vie démocratique des écoles, mais aussi à leur vie éducative : les parents doivent se sentir les bienvenus dans l’école de leur enfant, ils doivent pouvoir participer à la vie de l’établissement. C’est aussi une façon de créer un milieu de vie sain, cohérent, chaleureux et bienveillant;
  4. Faire bouger les élèves! Bouger, c’est aussi se défouler, passer ses énergies, se refaire une « santé mentale ». Nous voulons nous assurer que chaque enfant bouge au moins une heure par jour, été comme hiver, de la maternelle à la fin du secondaire. Pour y parvenir, nous mettrons à profit notre personnel déjà engagé dans des projets de la CSDM (comme le triathlon du printemps et le cross-country de l’automne), de même que les enseignants, les éducateurs en service de garde, la Ville de Montréal et les partenaires communautaires pour que dans chaque milieu, dans chaque école, on s’assure d’atteindre cet objectif.

5. L’école : cœur battant des quartiers montréalais !

« Ça prend un village pour s’occuper d’un enfant ou d’un adolescent. » Nous avons voulu intégrer l’école à sa communauté locale. Pour cela, nous avons créé les comités de quartier scolaire, nous avons fait en sorte que, dans certaines écoles, un parent soit engagé pour établir des liens plus étroits avec les autres parents de l’école. Nous avons multiplié les liens entre les organismes du quartier, l’école et le service de garde. Par ailleurs, la Commission scolaire de Montréal et ses écoles doivent être reconnues comme un bien public, un bien qui appartient à l’ensemble de la communauté montréalaise. On ne peut pas laisser à quelques dizaines de personnes le pouvoir de décider seules du sort de ce bien. Cela est notamment le cas en ce qui concerne les immeubles que la CSDM n’utilise pas à des fins de scolarisation. Pour faire de nos écoles le noyau dur de nos quartiers, nous comptons :
  1. Maintenir les comités de quartier et en faire de solides instances de concertation locales où le scolaire, le municipal et le communautaire peuvent se rencontrer autour d’enjeux cruciaux pour nos milieux (ex : la sécurité dans nos quartiers, la pratique du transport actif…);
  2. Convier la communauté montréalaise à une réflexion sur l’avenir des immeubles excédentaires dont nous disposons;
  3. Créer une table de travail avec la Ville de Montréal pour développer les quartiers en intégrant la vision de l’école communautaire et en planifiant la place de l’éducation dans le développement urbain (notamment dans les secteurs en développement où cette réflexion revêt un caractère particulièrement urgent);
  4. Permettre aux Montréalais de profiter encore davantage de l’expertise développée dans les centres de formation professionnelle (ex : cours d’œnologie, d’ébénisterie, de fleuristerie… ou achat de biens et services produits par les élèves);
  5. Faire rayonner nos écoles et faire rayonner Montréal en révisant les menus des cafétérias pour que les écoles montréalaises offrent des repas qui soient à la hauteur de la réputation que Montréal s’est taillée dans le domaine de la gastronomie.